Plus aucun SDF en France !

Sans abri au sac

Partout dans la rue...

Que choisir au sein des différentes problématiques du logement ? Lesquelles privilégier ?

Il y a certains aspects du mal logement qui devraient être susceptibles d’emporter un consensus relativement simplement : en particulier les situations où la santé voire la vie des personnes est directement en danger.

Il s’agit principalement du cas des sans domicile fixe (SDF) et des logements insalubres. Ces situations sont d’autant plus inacceptables que les réponses à y apporter n’emportent comparativement pas les moyens les plus lourds.

Parlons donc des SDF.

La Fondation Abbé Pierre, le Conseil d’Etat et la plupart des spécialistes s’accordent sur un nombre d’environ 100 000 SDF en France. Loger et accompagner ces personnes fragiles nécessitent de disposer de davantage de structures d’accueil, et de travailleurs sociaux en nombre suffisant pour réussir des réinsertions souvent difficiles. Alors, combien cela coûterait-il ?

L’évaluation des coûts nécessaires pour résoudre le problème des SDF n’est pas simple.

Certes, mais il est tout de même possible de se donner un ordre de grandeur maximum : disons qu’une place d’accueil avec un accompagnement social et administratif adéquat coûte 15 000 € (source : rapport au Sénat sur la cohésion sociale de 2004 de Mme Létard et M. Souvet), le budget maximum à mobiliser serait alors de 1,5 Md€.

Cette évaluation est certainement fortement surévaluée pour plusieurs raisons :

  • D’une part les 100 000 SDF sont pour certains d’entre eux dans cette situation depuis plusieurs années, leur nombre ne se « renouvelle » donc pas tous les ans. Un traitement étalé sur plusieurs années permettrait donc de diminuer le nombre total d’hébergements nécessaires.
  • Et d’autre part, une partie des SDF sont déjà pris en charge par le système d’accueil actuel. Toutefois, personne ne sait aujourd’hui combien des SDF recensés font déjà appel aux places disponibles durant l’année : le nombre de SDF non encore pris en charge par le dispositif actuel est par conséquent inférieur à 100 000. Cependant il ne faut pas attendre de diminution forte des besoins par ce biais. En effet, une étude menée en septembre 2008 par la région lyonnaise a montré que 87% des personnes qui devraient bénéficier d’un hébergement n’en ont pas fait la demande ou n’ont pas reçu de réponse adéquate.

En résumé, il est nécessaire d’estimer bien plus précisément le coût associé à ce problème : avis à toutes les bonnes volontés et à toutes les bonnes idées !

Lire la suite :

Financer un programme ambitieux d’aide aux sans-abris n’est pas une folie budgétaire

Le vice de l’idéal au détriment des sans-abris

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9 réponses à “Plus aucun SDF en France !”

  1. LNA dit :

    Et les SDF immigrés (dans le nombre n’est pas négligeable) en situation irrégulière, ne parlant pas français, ne connaissant pas les structures et le système en France sont ils comptés dans les 100 000 de SDF de France. Ont- ils les mêmes droits de prise en charge ?

    • Mathieu dit :

      Oui, ils sont comptés : les chiffres viennent d’une ancienne étude conduite par l’INSEE en 2001 (jamais renouvelée) et qui a été complétée par un travail d’estimation de plusieurs organismes (en particulier par la Fondation Abbé Pierre). En revanche, même s’il existe plusieurs structures d’accueil dédiées aux demandeurs d’asile (les CADA par exemple), et que l’hébergement d’urgence existant en France fonctionne sur le principe de l’accueil « inconditionnel » (c’est à dire pour tout le monde sans exception et sans question), il est vrai que tous les dispositifs sont largement saturés. Alors, ne pas parler français et ne pas avoir de papiers n’aide pas vraiment…

  2. LNA dit :

    Alors, 2001 c’est une vielle époque et le chiffre a dû légèrement modifier depuis, surtout après les deux nouvelles vagues de migration (2004,2007). Mais c’est bien de savoir que le projet budgétaire comptait avec ces gens là.

  3. Clem dit :

    Je tenais juste à préciser que le terme sdf a été inventé pour désigner les habitants de résidence mobile.
    Il est urgent de sortir de la stigmatisation systématique « l’habitant de logement éphémère ou mobile » et la situation de précarité que vivent les personnes que vous décrivez dans votre article. A ce sujet, vous pouvez consulter le site http://www.halemfrance.org

  4. laurent69 dit :

    Bonjour,je suis sdf a lyon depuis 1 an. Je ne peux pas travailler car je n’ai pas de logement pourtant je recois des offres de travail. Je ne peux pas loger en hébergement d’urgence car niveau hygiene ce n’est pas possible(la galle,les poux,etc…) Hélas,l’hébergement dans les chambres d’hotel est réservé quasiment exclusivement aux étrangers,alors que faire???
    Je pense rien car on connait le problème depuis toujours et rien mais rien du tout n’avance. Voilà qui est dit!!!

  5. le magicien lyon dit :

    Effectivement Laurent tu soulèves un point qui met dans l’embarras nombre de personnes. Et tout le monde botte en touche pour ne pas déranger l’opinion. Malheureusement et là tu pointes du doigt ce qui arrive de plus en plus souvent à Lyon. Que faire ?. On veut accueillir tout le monde, mais on ne peut pas recevoir toute la misère. Lors de spectacles je suis allé à Yaoundé et si tu discutes avec la population, tout le monde veut venir en France. Et ce qui est déplorable il n’existe pas d’actions notable pour éviter le deracinement des gens.

  6. Heineken dit :

    Après mon divorce, je n’ai pas trouvé nulle part un studio à louer en Ile-de-France — simplement trop cher pour moi toute seule avec le SMIC en poche. Aucun enfant, alors ni droit à l’APL ou HLM …
    Une assistante sociale à Cergy, elle m’a proposé seulement une chambre au foyer ou à l’hôtel. Evidemment, j’ai perdu mon travail à cause de cette situation actuelle. La souffrance est quelque chose devenue insupportable. En effet, j’ai passé des moments graves d’une dépression. Ce n’est pas facile, de tout perdre comme un château de cartes dans quelques mois.
    Je suis Allemande, on ne peut pas s’imaginer mon sentiment au cœur pour cette manière erronée de gouverner un Etat tout de travers. Vive la France, et sa misère !!!

  7. Acouphene dit :

    Personnellement, je souffre d’un handicap auditif depuis quelques années et ma grande crainte est celle de la moitié des gens de ce pays : finir dans la rue. Car la rue, pour moi, c’est la fin assurée (sans jeu de mot…).

  8. govente dit :

    on voit d’année en année des quartiers rasé et reconstruit à neuf (ex:Aubervilliers) , les abris propices à leur camp de fortune s’éloignent de la banlieue et se rapprochent de la province ou la vie est encore plus dure pour eux

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