
Partout dans la rue...
Il y existe une tentation récurrente consistant à refuser de mettre en place des actions « urgentes » pour mieux viser une solution « durable ».
Cette belle loi s’applique splendidement au cas des SDF : ne pas construire davantage d’hébergements, qui ne sont que des soins palliatifs temporaires et dérisoires face à un mal persistant, car il faut avant tout des logements fixes, durables, bien ancrés dans le dur.
Mais comme construire prend du temps, et que décider de le faire n’est pas trop rapide non plus, les sans abris ont largement le temps de continuer à souffrir en silence.
Et si ce n’était qu’une question de temps. Mais ce n’est pas tout, il faut aussi prendre en compte le déficit de logements. Car, le manque de logements est abyssal, et l’effort de construction encore très loin de contribuer à le résorber : il faudrait 500 000 nouveaux logements par an (d’après les principales associations et le Ministère lui-même) alors qu’il s’en construit actuellement moins de 400 000. Résultat : le déficit continue à se creuser. Ce qui veut dire que les publics en attente « urgente » d’un logement décent dépassent très largement le périmètre des SDF.
Il est donc bien illusoire de penser que des solutions « durables » pourront être mises en place dans un temps inférieur à une dizaine d’année (je suis optimiste) pour loger les sans abris.
Enfin, il y a encore deux autres arguments qui s’opposent à cette « procrastination de l’idéal » :
- Les SDF ont très souvent des besoins d’accompagnement en termes de suivi psychologique et médical qui sont mieux pris en charge par les structures spécifiques de l’hébergement que par des logements sociaux classiques
- Notre société continuera malheureusement probablement longtemps à produire de l’exclusion : éclatement des structures familiales, précarisation accentuée des conditions de travail, et durcissement des conditions d’accueil des immigrés alors que les pays pauvres s’enfoncent davantage dans la misère
Construire des places d’hébergement bénéficiant de travailleurs sociaux bien formés pour réinsérer les grands exclus est donc la seule solution véritablement durable.
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