Les logements insalubres : surtout ne pas se presser…

Des logements indignes

Des logements insalubres

Les logements insalubres ne vont pas disparaître de si tôt.

Certes, ils ont été mis en lumière par le Secrétaire d’Etat au logement, M. Benoist Apparu, dans son discours du 22 octobre 2009 : « Pour 2010, j’ai souhaité fixer un objectif de 23 000 logements indignes à traiter (contre 15 000 en 2009). Un budget de 257 millions d’euros est prévu pour cela ».

Mais selon son propre ministère, le nombre des logements potentiellement indignes est estimé entre 400 000 et 600 000 en France. M. Apparu annonce donc qu’il entend laisser perdurer des logements insalubres pendant encore plus de 20 ans. Résoudre le problème en 5 ans nécessiterait en effet un budget de 1 Md€ par an, soit 4 fois plus que ce qui est prévu.

Mais qui se soucie des chutes mortelles, des incendies qui tuent des familles entières, du saturnisme qui engendre des retards de développement mental parfois irréversibles chez les enfants ?

C’est vrai pourtant qu’il y a régulièrement « mort d’homme », et que le sérieux des risques liés à l’exposition au plomb a donné lieu à une loi spécifique : la loi n°98-657 du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions impose aux vendeurs d’un logement construit avant 1948 et situé dans une zone à risque d’exposition au plomb délimitée par le préfet, la réalisation d’un état des risques d’accessibilité au plomb. Il faut savoir que plus de la moitié du parc de logements est antérieur à 1948, et que jusqu’en 1948, le plomb a été utilisé dans la fabrication des peintures.

Les statistiques sur le saturnisme infantile sont donc peu reluisantes. Bien que reposant sur des données partielles, les chiffres rapportés par l’Institut de Veille Sanitaire montrent toutefois que le nombre de cas identifiés en 2006 se situaient au même niveau qu’en 2001 en Ile de France.

Alors, puisqu’il est possible d’attendre plus de 20 ans pour éradiquer des risques aussi graves, autant dire que les conséquences néfastes des logements insalubres sur le comportement social des adultes et la scolarité des jeunes ont peu d’importance…

Les outils pour lutter contre ce fléaux sont pourtant déjà bien en place : la législation impose aux propriétaires de mettre en état les logements qu’ils louent, des aides sont disponibles pour réaliser des travaux de rénovation, et un organisme public est dédié à cette problématique : l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat) a aidé 10 400 logements en 2008 en versant 119 M€ de subventions.

L’ANAH est une agence sérieuse et performante, engagée dans le difficile travail de délégation et de coordination entre l’Etat, les régions, les départements, et les communes, qui préside actuellement à tout projet concernant l’habitat.

Il est donc temps d’exploiter davantage cet outil efficace en dotant l’ANAH d’un budget à la hauteur des besoins de lutte contre les logements insalubres.

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